Juillet - 2022
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vendredi, 01. juillet 2022
19:29 - Tarot de Yokohama de Juillet
Pour des raisons d'intendance, il faut toujours réserver au moins deux jours avant à l'aide de ce formulaire. Les débutants sont bienvenus et dans ce cas, nous essayons de faire u...
samedi, 02. juillet 2022
13:52 - Randonnée à Hadano eki du 2 Juillet
Patrick vous propose, le Samedi 2 Juillet, une randonnée très facile de moins de 4H avec juste 150m de dénivelé en partant de Hadano eki. Ensuite, après un onsen, ceux qui veulent...
19:34 - Visite guidée de Kamakura du 2 Juillet
Cette sortie est organisée par l'association franco-japonaise de Kamakura. Monsieur Kaba, guide et interprète francophone certifié de la même association, vous propose une visi...
mercredi, 13. juillet 2022
14:43 - Sortie au musée "Crocodiles qui tournent" pour les enfants
L’AFJ propose chaque mois des rencontres pour les parents francophones de jeunes enfants de 0 à 6 ans. « Ne me demandez pas pourquoi tournent ces Crocodiles » … ainsi parle l’ar...
samedi, 23. juillet 2022
17:00 - Week-end nature au lac de Chuzenji
Amis de la nature et du camping, l'AFJ vous propose un week-end nature au pied du lac de Chuzenji de Nikko les 23-24 Juillet ! Deux belles journées près de ce lac à plus de 1200 m...
samedi, 30. juillet 2022
19:52 - visite guidée de Kamakura du 30 juillet
Monsieur Kaba, guide et interprète francophone certifié de la même association, vous propose une visite de trois heures afin de découvrir deux sites touristiques de Kamakura. La ...
dimanche, 31. juillet 2022
19:37 - Visite guidée d'Enoshima du 31 Juillet
Cette sortie est organisée par l'association franco-japonaise de Kamakura. Monsieur Kaba, guide et interprète francophone certifié, vous propose une visite d'une heure cinquante...

l'AFJ, les activités pour les francophones au Japon

Mon rédacteur en chef n'y est pas allé par quatre chemins. Il m'a appelé en urgence pour m'envoyer escalader le mont Fuji en compagnie des joyeux drilles de l'AFJ et tenir chronique de cette montée mythique. "Bob, tu t'y colles et pas de discussion!" a-t-il braillé dans le combiné du téléphone alors que j'énumérais mille excuses pour échapper à l'impensable: faire marcher un chroniqueur mondain qui ne se déplace qu'en taxi et a l'horizontale. Mon rédacteur en chef croit dur comme fer en la polyvalence.
Le vendredi 18 juillet dernier, l'esprit embrumé par ma dernière sortie en club, je me suis retrouvé sur la Sotobori, devant le British Council, à l'heure du diner, et en compagnie de 46 Français et 2 Japonais bien décidés à poursuivre cette délicieuse coutume en vogue depuis quelques années : gravir le mirifique mont nippon de nuit pour profiter de la vue imbattable à l'aube. Chacun sa joie: personnellement je préfère lever mes coupes de Krug assis.
Les deux guides équipes de mollets en béton et d'un moral idoine ont pris le temps de nous offrir un petit topo. En résumé : on fait demi-tour au lever du soleil et on tourne à gauche au T (une jonction l'AFJ perd des marcheurs chaque année, lesquels se retrouvent à Osaka un mois plus tard). Ca commençait bien.
Je me suis retrouvé dans un autobus, un type de véhicule dans lequel je n'avais pas mis les pieds depuis mes années de collège. Sensation exotique garantie. Comble de joie, une fois dans l'autobus, les nuages se sont dissous pour laisser apparaitre la pleine lune que j'imaginais fendue par un sourire géant et moqueur. J'ai serré les dents en pensant aux loups-garous sur les pentes de la montagne et remonté la capuche de mon blouson en Goretex acheté a prix d'or à Kanda la veille, moins seyant qu'une veste Heidi Slimane, croyez-moi sur parole.

Au bout d'une heure, je me suis laissé gagner par l'ambiance. Et l'impensable s'est produit: j'ai cessé de me demander ce que je faisais dans cette galère. Il faut dire que je m'étais mis derrière une blonde participante qui avait eu la bonne idée d'effectuer la montée dans un pantalon moulant à souhait. Je dois avouer que sa plastique m'a aidé à tenir le coup jusqu'au sommet. Une bombe humaine a mis trois heures à effectuer l'escalade. La blonde, et moi, juste un peu plus.
Le soleil s'est délicatement levé au dessus d'une mer de nuages et ses premiers rayons ont éclairé d'un rouge tiède le dessus des cumulus et d'un orange mordoré les flancs des vallées au fond desquelles quelques lacs dispersaient leurs regards argentés dans les brumes matinales. Evidemment c'est un poil plus beau qu'une aube glauque dans une ruelle d'Aoyama quand je sors pas très clair d'une after bien décadente. Sauf que la pleine lune et le soleil levant n'étaient pas copains ce jour la et s'étaient mis dans des coins de ciel opposés, vu le froid ambiant, c'était un coup à choper un torticolis. J'ai dévoré un bol de ramen comme s'il s'agissait de la dernière invention de Robuchon en profitant de la vue émouvante et nous sommes repartis en sens inverse.
La descente s'est déroulée sans problème. A part nos deux amis japonais dont l'un s'était un peu tordu la cheville. Son stoïcisme m'a impressionné. Je ne crois pas que j'aurais réagi aussi bien. Un plâtre sur le dance floor c'est assez délicat à placer.
Nous avons aussi récupéré certains participants dont la dernière marche à pied remontait à leur passage sous l'uniforme...
Notre arrivée en force au onsen a eu un succès fou. Nous avons réussi à faire fuir l'intégralité des clients. Les organisateurs en ont profite pour nous déclarer que c'était la première fois qu'on avait autant de marcheurs à l'aller qu'au retour ".
 
Nous n'avions même pas oublié les 2 japonais qui s'étaient perdus en achetant des omiyage ni la blonde qui avait lu "Guerre et Paix" puis "A la Recherche du Temps Perdu " dans l'onsen pendant que 45 français et 2 japonais attendaient bien gentiment en constatant que la bière après l'onsen et le Fuji finalement ca se laisse boire.
Dans l'autobus du retour, j'étais fier de moi et m'attendais à être félicité par les filles, mais elles n'en avaient que pour un blondinet bellâtre qu'elles chouchoutaient comme s'il était de retour d'Irak. A la question : " alors, ce soir, encore en boite? ", le blondinet a rétorqué : " moi, je fais tout, les boites et le mont Fuji ".
Je déteste être attaqué sur mon propre terrain, je me suis donc drapé dans ma cape de dignité invisible jusqu'a Tokyo. En retrouvant, le bitume et les vapeurs tokyoïtes, j'ai senti que quelque chose en moi avait changé et me suis demandé si je ne pourrais pas proposer une idée de reportage à mon irascible rédacteur en chef : un trek de quinze jours en Islande, sans savon, sans téléphone mobile, sans Krug, mais pas sans blondes. Lui, au moins, je réussirais à l'étonner.
Texte: Bob RIVIERA