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mercredi, 02. septembre 2020
18:00 - Atelier Méditation
Pratiquée statique ou en mouvement, guidée ou en silence, accompagnée de nos créations musicales suivant l'énergie de la saison. Chaque NOUVELLE LUNE à 21h. EN LIGNE : cours découv...
samedi, 05. septembre 2020
10:00 - Atelier Piano
Leçons de piano en français sur deux sites ! Cours de 30 ou 45 minutes - Ebisu : mercredi et jeudi 14h-20h30, samedi 11h-16h30, par Mme Kay UEYAMA, Takane ICHIKAWA, Sayuko SOMEYA...
10:30 - Atelier Photographie d'été
Samedi 5 Septembre • 10h30 > 13h – NOIR & BLANC- STREET – Cours tout niveau • 15h > 18h – VITESSE & Poses Longues – Cours débutant/tout niveau
13:00 - Atelier Cuisine Japonaise Traditionnelle
Menu pour Fête des personnes âgées! L'atelier de cuisine japonaise de Yoshie Nakamura vous initie à cuisiner les produits de saisons avec des plats liés à chaque événements et...
20:00 - Atelier Bien-être et Nature
Voyage sonore et soin Reiki, 20h-21h30. Découvrez le Reiki Usui, ensemble de pratiques et enseignements spirituel, et une approche naturelle de la santé. Souvent présenté comme une...
dimanche, 06. septembre 2020
10:00 - Atelier Bien-être et Nature
Travail corporel doux et mouvement dansé 10h00. Découvrez le Reiki Usui, ensemble de pratiques et enseignements spirituel, et une approche naturelle de la santé. Souvent présenté c...
jeudi, 10. septembre 2020
19:00 - Soirée tarot de Tokyo le 10 sep.
Soirée jeux de cartes dînatoire, une soirée décontractée sous le signe du jeu et de la bonne humeur. Tarif cotisant : 3.500 yens Dîner et boissons inclus
vendredi, 11. septembre 2020
19:00 - Tarot de Yokohama le 11 septembre
Soirée jeux de cartes dînatoire, une soirée décontractée sous le signe du jeu et de la bonne humeur. Tarif cotisant : 2,500 yens dîner et boissons inclus. Au YC&AC, gare de Yamate.
samedi, 12. septembre 2020
10:00 - Atelier Calligraphie
Samedi 12 ; 10h-12h, 13h-15h, 15h-17h. L’atelier de Yuka poursuit ses activités en présentiel à Tokyo en respectant la distanciation sociale, la ventilation de la pièce et la désin...
jeudi, 17. septembre 2020
18:00 - Atelier Méditation
Pratiquée statique ou en mouvement, guidée ou en silence, accompagnée de nos créations musicales suivant l'énergie de la saison. Chaque NOUVELLE LUNE à 21h. EN LIGNE : cours découv...
vendredi, 18. septembre 2020
19:00 - Récital d’opéra français par Tomoko Takeuchi
Pour une rentrée en musique, ne manquez pas le récital d’opéra en français de Tomoko Takeuchi à Ginza le 18 septembre 2020.
samedi, 19. septembre 2020
09:30 - Atelier Photographie d'été
Samedi 19 Septembre • 9h30 > 12h30 – EXPOSITION 2 – Lumière complexes – Cours Avancé (Exposition 1 requis)
10:00 - Atelier Piano
Leçons de piano en français sur deux sites ! Cours de 30 ou 45 minutes - Ebisu : mercredi et jeudi 14h-20h30, samedi 11h-16h30, par Mme Kay UEYAMA, Takane ICHIKAWA, Sayuko SOMEYA...
dimanche, 27. septembre 2020
14:00 - Atelier Danse Orientale
Les samedis à Oizumi Gakuen. La Danse Orientale sollicite souplesse et tonicité du buste, des épaules, des bras, des mains et du bassin, mais surtout du ventre, car les abdominaux ...
mercredi, 30. septembre 2020
20:00 - Atelier Pilates
Les mercredis soir, cours de Pilates en en français, japonais et anglais. Le Pilates est une méthode douce qui vise à renforcer le corps de façon harmonieuse, afin de rectifier les...

l'AFJ, les activités pour les francophones au Japon

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30 novembre 2008 = Le Shogun, la cheville de Noémie et moi

Tout ça, c’est à cause de la cheville de Noémie. La donzelle se l’est tordue en faisant son jogging. Aussi sec, le rédac chef m’a appelé pour que je couvre à sa place la sortie AFJ à Kamakura, organisée tous les ans en coopération avec la Société Franco-Japonaise de Kamakura. Pas de rouspétance, Bob, je n’ai que toi sous la main, t’as intérêt à ne pas me décevoir. J’ai quitté mon nid douillet complètement décalqué, à une heure bien trop matinale pour un chroniqueur mondain, et me suis retrouvé, ce dimanche 30 novembre, dans un train bondé en route pour la presqu’île Miura et l’ancienne capitale du grand shogun Yoritomo. J’ai maudi Noémie et sa cheville pendant soixante-dix longues minutes.

Arrivé à la gare de Kamakura, le ciel était d’un bleu torride, et les organisateurs équipés de chouettes petits drapeaux tricolores et d’une énergie à couper au katana. Pas question de reculer : Bob allait devoir donner de sa personne.

  

Direction, le temple de Kuzuharaoka. Nous avons longé une voie de chemin de fer bordée de broussaille, tournicoté dans les ruelles, grimpé vers un cimetière étalé dans la verdure. Les feuillages d’automne donnaient tout ce qu’ils avaient. J’ai commencé à me détendre. Yamazaki-san, représentant local de l'AFJ et notre guide pour la journée, nous a expliqué que l’épouse du shogun Yoritomo dormait là depuis le 12ème siècle. En découvrant sa tombe nichée dans une petite grotte, je n’ai pas pu m’empêcher de l’imaginer: Peau d’opale, chevelure d’encre, bouche de soie. Nous avons crapahuté dans la forêt, croisé la sépulture d’un architecte décapité pour s’être un peu trompé dans ses plans, et sommes tombés nez à nez avec le shogun. Visage juvénile, air décidé, le chef du clan Genji me fixait de ses yeux de pierre, et j’avais presque l’impression qu’en faisant un effort je pourrais l’interviewer. Yoritomo avait tout de même réussi à faire d’un village pépère une cité prospère d’un million d’habitants.

Nous avons repris le sentier. Au détour d’une corniche, le Pacifique. Et une vue stupéfiante sur la jolie ville de Zushi et la péninsule d’Ajama blanchies par le soleil. Après cet éblouissement, la rando a glissé sur du velours. J’étais accompagné par les fantômes bienveillants du shogun et de sa belle; par l’intermédiaire de la voix de Yamazaki-san, ils me racontaient leurs rêves de grandeur et leurs déceptions. La destruction de la ville par l’impétueux Yoshisada, en 1333, et la fin de l’ère Kamakura. La reconstruction. Les guerres civiles, et de nouveaux tourments. Qui aurait pu penser qu’un paysage aussi paisible avait abrité tant de fureur ?

Celle de la nature n’a rien à envier à celle des hommes; je l’ai bien compris en découvrant le grand bouddha de Kamakura. En 1238, sa statue de bois a été emportée par la tempête. En 1252, un tsunami a eu raison du pavillon qui protégeait sa version en bronze. Depuis, Kotokuin Daibustu n’a plus de toit, mais résiste aux éléments avec sérénité. Onze mètres trente de haut, cent vingt tonnes de beauté pure, son visage recueilli et mystérieux donne le frisson.

Ensuite, cap sur le pays du plaisir. C’est ce que signifie Gokurakuji, joli temple bordé de bambous et premier hospice du Japon, bâti par le créateur de la sécurité sociale japonaise. Rien de moins. Il était temps de descendre vers le rivage. Les dieux commençaient à nous trouver très sympathiques. Ils ont fait coulisser les nuages et nous ont offert le mont Fuji dans toute sa splendeur. Les surfeurs attendaient la vague idéale, de mon côté, je n’attendais plus rien. J’avais atteint un état de décontraction totale, tourné vers les lames d’argent du Pacifique et les contours de l’île d’Enoshima, notre prochaine étape. Un tortillard nous a déposés devant un long pont blanc. Nous l’avons longé paisiblement sous le soleil déclinant. Vue impeccable sur la marina, la côte rocheuse et la géométrie parfaite de Fuji-san.

 

À quatre heures trente, nous étions installés dans un restaurant ouvert sur la mer. Le soleil se couchait en nous offrant des langues de tulle grisées s’étirant dans des langueurs orange, puis des traînées mauves. J’avais déjà vu nettement plus moche comme crépuscule. C’était l’heure du goûter. Nous avons opté pour du sashimi frais comme une promesse d’enfant et de la bière à la pression au moelleux col de mousse.

Une fois la nuit tombée, les lanternes traçaient le chemin vers la gare. La côte était illuminée comme un Las Vegas puissance dix. J’ai repris le train pour Shinagawa dans un état de quasi-béatitude. Mon portable a sonné aux abords de Yokohama. C’était mon rédac chef. Réveillé comme jamais.

- Alors Bob, ça avance ton papier ?

- Bouddha est dans tout et réciproquement, patron.

J’ai fait mine de plus avoir de réseau avant d’interrompre la communication, et suis rentré chez moi très décontracté. J’avais un message sur mon répondeur. Noémie était désolée de « m’avoir imposé cette corvée, et un dimanche en plus ». J’ai souri et allumé mon ordinateur. Le shogun et sa belle m’ont soufflé mon texte.

Texte : Bob Riviera                                                                
Photos : Daphne Haour, Frank Sylvain, Stéphane Pujol

Album Photo Kamakura 2008